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Je suis née
avec un "Spina Bifida ouvert", soit une
malformation au dos : un disque de la colonne était ouvert
et la moelle épinière s’écoulait... (Un peu comme la main de l'espoir... présentée par le site
ChezMaya.com. d’internet).
Ma
malformation était très sérieuse parce haute au niveau de la
colonne et que les dangers de paralysies et de décès augmentent!
Je n'avais que 20 heures de vie lors de ma première opération
... Mais, je m'en suis sortie avec, en gros, la jambe gauche
de paralysée.
Pour
faire une histoire plus courte, il semble que
j'ai subi plus ou moins 13 opérations à ce jour... dont 3
au niveau du dos, les autres à la vessie et aux jambes, etc.
En août 2000,
j'avais depuis un certain temps, des douleurs de plus en plus
fortes dans les jambes et des engourdissements jusque dans la tête.
À cause des engourdissements, j'échappais souvent des objets.
D'un médecin,
on me référait à un autre spécialiste, tout ce qu'on me
promettait, était la chaise roulante ... NON-MERCI ...

Mais, je n'ai
pas baissé les bras et j'ai finalement rencontré un
neurochirurgien positif comme moi. Or, toujours en août
2000, il m’a fait hospitaliser pendant 11 jours afin de passer
une batterie de tests : J’ai été 3 heures en résonance
magnétique (l’examen fût fait en deux parties, car je n'en
pouvais plus). Pour
ce test, il faut demeurer entièrement immobile … Ai-je besoin
de spécifier qu’ayant déjà mal au dos et aux jambes avec des
engourdissements de la tête au pieds, c'était une torture. À
chaque fois, je sortais de là en braillant comme un bébé et
incapable de m'arrêter pendant au moins une heure malgré les
calmants administrés la deuxième fois.
C’est de
cette façon que le neurochirurgien a découvert qu'en plus de mon
"Spina Bifida" j'avais sept autres malformations au
niveau du dos, conséquences du "Spina Bifida", mais
l'inverse n'est pas vrai: Cette maladie n'engendre pas
automatiquement ces malformations dont deux considérées très
graves, l'une d'elle même rarissime: Le "Kiari 1"
: Les amygdales du cervelet sont coincées jusqu'à la troisième
vertèbre de la colonne.
J'ai dû
prendre la plus grande décision de ma vie : Soit, le risque qu'au
moindre choc je pouvais paralyser entièrement, selon le médecin,
ou subir cette opération dangereuse et jamais faite au Canada
semble-t-il. Évidemment j'ai choisi la deuxième...
Le 22 janvier
2001, j'ai été opérée pour le Kyari 1. Ils ont dû
ouvrir les trois premières vertèbres (les premières vertèbres
sont plus dangereuses que les autres quant aux séquelles
possibles) ainsi que le cerveau évidemment.
Pendant l’opération
et après celle-ci, je suis demeurée 24 heures dans un semi coma.
Ma famille avait été avisée. Mais je suis là et sans autre
paralysie ... En vie surtout!

J'ai été hospitalisée
pendant six semaines. Selon mes souvenirs, suite à cette opération,
j'ai souffert plus que durant toute ma vie pendant plusieurs
semaines. J'aurais dû être hospitalisée plus que ces six
semaines, mais on m’a laissée partir parce que j'ai chialé
pour rentrer chez-moi: Je ne pouvais plus supporter l’ambiance
lourde ... Même si on a pris grand soin de moi pendant tout ce
temps.
Après quatre
ou cinq semaines, je pouvais à peine me tenir sur mes jambes. À
deux reprises, lors de mon séjour, ma moelle épinière
s'est écoulée accidentellement en me cognant la tête … :
J’avoue avoir eu la frousse, mais je ne lâche pas facilement.
Je suis donc
rentrée à la maison où j'ai eu l'aide et le support de mon
fiancé. D'ailleurs mon médecin, lors d’une visite en externe,
m’a dit : "Vous, m’dame Daigle, vous savez ce que
vous voulez et savez être convaincante, je ne serai jamais
inquiet sur ça pour vous".
Aujourd’hui,
les risques de paralysie suite à un choc sont éliminés, mais
mes douleurs aux jambes, et aux bras en plus maintenant, ainsi que
mes engourdissements sont toujours présents.
D’aussi loin
que je me souvienne, les médecins ne comprennent pas que je réussisse
tout d’abord à marcher... Je n’ai besoin que l’aide
d’orthèse tibiale (au genou) ... Pratique d'avoir une tête de
pioche parfois!
Lors de mon séjour
à l’hôpital et quelques fois dans le passé, des médecins me
surnommait : "La Miraculée".

Le
neurochirurgien a déjà commencé à me parler d'une autre opération
possible en raison de l’excroissance d'un os à la base de ma
colonne qui appuie sur ma moelle, et provoque ainsi de l'eau... À
sept ans, les médecins ont voulu extraire cette excroissance,
mais en vain, car disaient-ils, elle était plus dur que du
marbre. Or, à ce moment-là, ils ont appris à mes parents que je
ne grandirais probablement plus jamais. Mais, heureusement pour
moi, ils se sont trompés ...
À cette époque,
la résonance magnétique n'existait pas, donc ils ne parlaient
pas de formation d’eau à la moelle, seulement du fait que cette
malformation m’empêcherait de grandir. Je mesure près de
5’2’’, malgré une opération au genou droit à
l’adolescence pour ralentir sa croissance et ainsi permettre à
ma jambe gauche, plus courte, de prendre de l’avance.
Une grande partie de ma vie, j’ai été active sur le marché du
travail, mais depuis environ deux ans, j’ai été déclarée
invalide : Pendant longtemps, ce fût difficile à accepter
pour moi, puis j’ai finalement accepté et décidé de consacrer
mon temps à ce que j’aime faire le plus : De
l’artisanat, mais surtout écrire des poèmes, etc.

J'ai dit à mon médecin que je ne voulais plus entendre parler d’opération
avant l'an prochain parce que j’avais d’autres projets pour
cette année :
Le 25 août 2001, mon fiancé et moi allons nous marier.
"C'est O.K." qu'il a dit et il s’est contenté de me
dire que je devais éventuellement passer une résonance magnétique
pour voir où j'en suis. Alors j'irai bien sûr parce que ça
m’intéresse de savoir… (rire) Surtout si ça peut m’éviter
une autre opération qui, je l’avoue, ne fait pas partie de mon
« planning » de vie!
Claire-Andrée Daigle
Juin 2001
Revisé en Août 2001


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